Lorsque,

dans la courbe d’un détour,

une découverte inattendue,
LES TROIS AGES 1une oeuvre monumentale,

expressive,

symbolique,

poétique,

LES TROIS AGES de BORONDO 2vous hurle en silence
LES TROIS AGES de BORONDO 3des vérités profondes,LES TROIS AGES de BORONDO 4il n’y a pas d’autre alternative,

que de se laisser submerger,

LES TROIS AGES de BORONDO 5

par sa beauté.

LES TROIS AGES DE BORONDO 6

« LES TROIS AGES » de BORONDO 93 rue du Chevaleret 75013 Paris

Pour en savoir plus sur l’artiste:

http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2013/03/21/street-art-borondo-le-poete-de-rue-et-ses-fantomes-240578

http://gonzaloborondo.com/blog/

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Le rituel de l’aube

La clarté du petit jour/ Photo Cmt L’ém

Je me souviens de cet été comme une parenthèse, une respiration. Un moment suspendu dans une vie de tohu-bohu.

Un été au rythme lent, presque comme une réconciliation avec mes étés d’enfant.

Un été infini, comme une vie de Robinson sur son île perdue, un paradis où le temps s’étire nonchalamment. Moment posé, reposé, apaisé.

De retour  dans la maison de vacances familiale, j’avais posé mes valises pour une escapade campagnarde et bourguignonne. La seule horloge existant en ce monde fut celle logée dans mon corps, horloge interne directement alimentée par l’énergie ambiante.

Je me souviens de ces réveils, à l’aube. Mes yeux connectés à l’arrivée du jour s’ouvraient sur le plafond de ce qui fut jadis ma chambre d’enfant. Vaste territoire d’araignées faucheuses aux pattes graciles, deux mondes inversés où, têtes en haut, tête en bas, chacune d’entre nous s’observaient quelques instants.

Puis il me fallait accomplir le rituel comme une mission primordiale, un rendez-vous, un premier pas vers ce nouveau jour : je me levais  pour ouvrir les volets de bois. J’attrapais d’abord le long crochet de métal qui retenait l’un des volets. Lourd, froid et doux au toucher.

En le levant, je chassais la nuit, je poussais les volets en un geste lent afin de bien entendre chanter les charnières de fer rouillées.

Ce chant signifiait ma présence en ce monde où nul autre humain n’existait. Alors, je regardais, j’écoutais, je m’imbibais du spectacle de cette nature ensommeillée, baignée de brume, de rosée, d’air frais, d’odeurs pures de la terre qui s’éveille et exhale ses parfums intimes.

Mélange de tons de nuit et de lueurs timides. Gris chassés par les pastels du jour. Humidité donnant vie aux couleurs par nappes ondulantes et fuyantes. Et la rumeur murmurante des oiseaux qui s’éveillent. Comme un bruit de fond, un bruit de mer aux intonations multiples, infinies. Musique aux notes colorées, sucrées, bigarrées inaugurant et célébrant le lever du jour.

Puis j’assistais à la transformation de l’aube en matinée. Je la regardais enfiler ses différentes robes, des couches successives aux couleurs éphémères,pour enfin opter pour une couleur posée, choisie, adoptée: la clarté du petit jour.